Numéro 19 - 10 octobre 1996 - Les Opérations Canadiennes de GMSont Maintenant Paralysées


Numéro 19 - 10 octobre 1996 - Les Opérations Canadiennes de GMSont Maintenant Paralysées




Buzz Hargrove, président des TCA et Jim O'Neil, secrétaire-trésorier, ont participé au piquet de grève à Windsor mercredi soir au moment où membres des TCA des usine de transmissions et de garnitures de GM à Windsor sortaient en grève pour l'obtention d'un règlement au Canada.

Maintenant que les travailleurs de Windsor, de London et de Woodstock ont emboîté le pas, 26 000 membres des TCA sont en grève, paralysant ainsi les opérations canadiennes de GM.

Les piqueteurs ont déclaré que salaires et avantages ne signifient pas grand-chose s'ils n'ont pas d'emploi; ils se disent prêts à faire du piquetage aussi longtemps qu'il faudra. Plusieurs d'entre eux ont déclaré avoir l'impression que General Motors veut «punir» les travailleurs canadiens pour avoir fait exactement ce que la compagnie estimait nécessaire de leur part dans un contexte de concurrence mondiale.

Comptant 17 ans d'ancienneté, une femme a déclaré : «Nous lui faisons réaliser de gros profits, nous gagnons des prix pour la qualité de nos produits, nous sommes productifs, et nous devons sortir en grève pour notre sécurité d'emploi. Elle nous punit.»

Selon M. Hargrove : «La position de GM est tout à fait illogique. Bien qu'elle ne réalise que 1 $ pour chaque tranche de 17 $ de profit réalisée par GM, la compagnie Chrysler dit qu'il s'agit pour elle d'une entente gagnante, qui lui permettra de poursuivre sur la voie du succès en fabriquant des voitures, des fourgonnettes et des pièces de qualité.»

Après la ratification de l'entente sur le modèle, le président de Chrysler, Yves Landry, a annoncé que la compagnie prévoyait mettre sur pied un troisième quart de travail à l'usine de Bramalea.

Alors que les grèves progressives débutaient, le président-directeur général des opérations mondiales de GM, Jack Smith, a déclaré à des journalistes américains que la position de négociation des TCA «étoufferait» la compagnie.

Buzz Hargrove a déclaré : «C'est absolument insensé. Premièrement, la compagnie a réalisé ses bénéfices de 1,4 milliard $ – soit 51 000 $ par travailleur – grâce aux opérations qu'elle veut aujourd'hui vendre, fermer, liquider ou sous-traiter. Deuxièmement, GM n'a pas opposé un seul argument économique tout au long des négociations pour appuyer le fait qu'elle ne peut se permettre le modèle canadien.»

«La seule conclusion que je peux en tirer, c'est que Jack Smith n'est pas au courant que les opérations canadiennes sont extrêmement rentables», a poursuivi M. Hargrove.

Aux journalistes qui lui ont demandé si les TCA allaient demeurer inflexibles et continuer d'exiger que GM adopte le modèle, Buzz Hargrove a répondu : «À un moment donné, GM va vouloir que la production reprenne, et elle a besoin des travailleurs pour fabriquer ses produits; elle devra donc régler en tenant compte du modèle si elle souhaite reprendre ses activités.»

Dave Vyse, président du comité central de négociation des TCA, a déclaré : «Les membres du comité économique des TCA demeureront à l'hôtel Royal York toute la fin de semaine de l'Action de grâce et seront prêts à négocier si GM se montre intéressée, mais les membres du comité central TCA/GM et des comités locaux passeront la fin de semaine en famille, après ces nombreuses semaines d'absence passées à négocier, et retourneront à Toronto mardi.»


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