Numéro 15 - 1 octobre 1996 - Ça Bouge, Mais Pas Assez pour Éviter Une Grève


Numéro 15 - 1 octobre 1996 - Ça Bouge, Mais Pas Assez pour Éviter Une Grève




«NOUS N'AVONS CONCLU AUCUNE ENTENTE EN CE QUI CONCERNE LES VENTES, LES FERMETURES ET LES LIQUIDATIONS», A DÉCLARÉ BUZZ HARGROVE


Les négociateurs des TCA de tous les niveaux (haut niveau, sous-comité et local) ont négocié toute la soirée hier une fois que Buzz Hargrove, président des TCA, leur a annoncé que les discussions au haut niveau avaient mené à une certaine ouverture de la part de GM en ce qui concerne la question-clé de la sous-traitance.

«GM a indiqué qu'elle était prête à reconsidérer certaines des décisions déjà prises, mais pas toutes, quant aux décisions de sous-traitance qui touchent les usines d'assemblage de camions et d'automobiles; toutefois, les négociations sont encore très difficiles.» Selon M. Hargrove, bien qu'il existe maintenant une base de discussion, «nous n'avons conclu aucune entente en ce qui concerne les ventes, les fermetures et les liquidations, questions que le syndicat qualifie comme étant les principales à régler afin d'éviter la grève.»

«GM semblait d'humeur à avancer certaines idées à propos des décisions annoncées touchant 5 500 personnes, et c'était assez pour que l'on continue de négocier à tous les niveaux pendant la soirée.» Les 5 500 travailleurs dont il est question sont ceux de l'usine de fabrication d'Oshawa, de l'usine de garnitures de Windsor et de l'usine d'essieux de St. Catharines, ainsi que ceux qui occupent les emplois figurant sur les listes de sous-traitance des usines d'assemblage d'automobiles et de camions d'Oshawa et des installations de Boisbriand (Ste-Thérèse), London et Woodstock.

En ce qui concerne les décisions de sous-traitance entraînées par l'éventuelle vente des usines de fabrication d'Oshawa et de garnitures de Windsor, GM ne veut pas bouger. La compagnie veut conserver le droit unilatéral de sous-traiter et de vendre des installations.

«La position qu'ils adoptent par rapport à l'avenir m'inquiète. Je ne suis pas plus optimiste qu'avant sur le fait que nous puissions régler sans sortir en grève», a déclaré Buzz Hargrove.

Le syndicat tient à ce que GM accepte le modèle qui a été établi chez Chrysler, où le travail éventuellement octroyé en sous-traitance devra être remplacé dans chaque collectivité.

GM continue à soutenir qu'elle ne réalise pas assez de profits à l'heure actuelle et qu'elle devra à l'avenir continuer à donner du travail en sous-traitance afin de demeurer concurrentielle.

Buzz Hargrove a fait le point à propos de la position dans laquelle se trouve GM au Canada par rapport à Chrysler et à Ford. «Sous tous les angles – productivité, pièces, production, profit par véhicule, profit par employé –, GM Canada obtient d'excellents résultats en comparaison de Ford et de Chrysler.» Au cours des dix dernières années, GM a éliminé 12 500 postes au sein de sa main-d'oeuvre; ce nombre équivaut à peu près au nombre d'employés actuellement en poste chez Ford ou chez Chrysler.

Dans le secteur des pièces chez GM Canada, le niveau d'emploi est déjà bas par rapport à ce qu'on connaît aux États-Unis. Chez les Américains, GM utilise 49 % de sa main-d'oeuvre pour la fabrication de pièces, alors qu'au Canada, elle n'en utilise que 33 % – moins que Chrysler ou Ford aux États-Unis.

«Au Canada, GM réalise un profit par employé six fois plus élevé que Chrysler. GM peut se permettre d'accepter le modèle», a conclu M. Hargrove.



DÉLAI DE GRÈVE MERCREDI, LE 2 OCTOBRE, À 23 H 59


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