À de moins sur les salaires, Canadien ne pourra même pas tenir 10 jours


À de moins sur les salaires, Canadien ne pourra même pas tenir 10 jours

Ça n'est pas la solution



Les TCA disent «NON» aux réductions de salaire!




On a déjà donné!


Les Lignes aériennes Canadien International connaissent des difficultés financières. La compagnie veut imposer une réduction de salaire additionnelle de 10 % à ses employés pour les quatre prochaines années. Selon elle, les employés doivent démontrer leur engagement envers la compagnie, afin que Canadien soit dans une meilleure position pour négocier un soutien financier avec des acteurs clés : la Banque Royale, AMR, le gouvernement fédéral et les gouvernements de l'Alberta et de la Colombie-Britannique.

Les employés ont déjàprouvé leur engagement!

La réalité c'est qu'au cours des cinq dernières années, les employés ont fait d'importantes contributions au bénéfice de la compagnie. Même les statistiques de la compagnie sont révélatrices à ce sujet. Depuis 1991, plus de 1 000 employés ont perdu leur emploi, et ceux qui restent travaillent plus fort que jamais :

  • les milles par siège disponible ont augmenté de 40 pour cent;
  • le revenu par employé a augmenté de 38 pour cent.

Les travailleurs ont fait cadeau à la compagnie d'une importante réduction au titre des coûts de main-d'oeuvre :

  • les coûts de main-d'oeuvre se chiffraient seulement à 26,4 pour cent des revenus d'exploitation en 1995, contre 31,2 pour cent en 1991. (Source : Rapport annuel des Lignes aériennes Canadien International, 1995.)
Une longue suite de concessions

Par le passé, la compagnie a demandé à ses travailleurs de faire des concessions chaque fois qu'une crise financière se pr‚sentait. Les membres TCA ont toujours coopéré:

1992
La compagnie avait besoin de réduire les salaires pour investir dans AMR : les membres TCA ont accepté de donner 5 pour cent de leur salaire pendant 36 mois.

1994
La compagnie avait besoin de financement provisoire pour investir dans AMR : les membres TCA ont accepté d'augmenter temporairement leur réduction de salaire à 10 pour cent.

1995
La compagnie avait besoin de réduire ses coûts : les TCA ont ouvert les négociations avant le temps et ont accept‚ une modification des règles de travail entraînant une réduction de 17 pour cent de la charge salariale (une économie de 17,1 millions $), en plus d'un gel des salaires pendant les trois années de la convention.

Les membres TCA ont fait la preuve de leur engagement envers la compagnie aérienne. En plus de travailler dur et dans des conditions stressantes, les membres ont accepté des réductions ou des gels de salaire s'étendant sur huit ans.

Équilibre ou sacrifice?

Rémunérés à un faible taux de 9 $ l'heure, les membres des Lignes aériennes Canadien régional ont néanmoins accepté de réduire leur salaire, alors que Kevin Jenkins, ancien p.d.-g., jouissait d'un salaire de 370 000 $. La Banque Royale s'est classée au premier rang parmi les banques grâce à ses profits de 1,3 milliard $ en 1995; John Cleghorn, directeur général de la banque, a vu son travail lui rapporter 2,3 millions $ (y compris des options sur les actions).

AMR a rapporté des profits de 167 millions $ et s'attend à d'aussi bons résultats en 1996. Robert Crandall a vu son salaire bondir à 750 000 $ cette année, grâce à un «incitatif» additionnel de 300 000 $, sans compter une prime dont le montant n'est pas encore fixé et 1,6 million $ en actions.

Ce sont eux, les gens qui disent que les travailleurs des lignes aériennes doivent encore accepter de réduire leurs salaires.

Le problème n'a rien à voir avec la main-d'oeuvre

La solution, ce n'est certainement pas de réduire encore une fois les salaires de 10 pour cent. Les problèmes de Canadien ne seront pas réglés pour autant. La compagnie pense économiser environ 75 millions $ sur ses coûts de main-d'oeuvre. Cependant, en 1995, les coûts d'exploitation se chiffraient à près de 8,7 millions $ par jour. Sa «solution du 10%» ne lui permettra même pas de tenir 10 jours.

De plus, d'après l'exérience passée, nous savons à quoi serviront nos sacrifices salariaux : à établir des tarifs réduits spéciaux afin de concurrencer un nouveau venu sur le marché dont les tarifs sont faibles; à faire voler des avions dont les sièges sont vides 15 minutes avant le concurrent dans le but de remporter la route.

Et que va-t-il se produire en 1998 lorsque, dans le cadre de l'accord Ciels ouverts, les transporteurs canadiens devront se mesurer aux mégatransporteurs américains sur les trois principales routes aériennes transfrontières?

Canadien ne peut même pas prétendre que ces réductions de salaire sont un élément stratégique d'un plan d'affaires bien con‡u. Cette réduction de salaire de 10 pour cent n'a rien à voir avec la sauvegarde de la ligne aérienne. Elle vise plutôt à extorquer de l'argent en douce pour réduire les coûts de main-d'oeuvre en vue de favoriser les négociations avec AMR et la Banque Royale.

Chez Canadien, les coûts de main-d'oeuvre sont déjà plus bas que chez ses principaux concurrents. Le problème n'a rien à voir avec les coûts de main-d'oeuvre.

La solution?
Le gouvernement fédéral doit agir!


Le gouvernement fédéral doit reconnaître les effets désastreux entraînés par sa politique sur les transports.

Depuis les dix dernières années, ce sont les travailleurs aériennes qui financent la concurrence sauvage provoqu‚e par la déréglementation. Le gouvernement ne doit pas se contenter de croiser les bras pendant que les travailleurs de Canadien continuent de faire les frais d'une politique désastreuse.

«NON» aux réductions de salaire!

Anne Davidson, présidente de la section locale 1990 des TCA, a rencontré le Comité de négociation et le Bureau exécutif afin de débattre de la proposition d'ouvrir la convention collective et d'accepter une réduction de salaire de 10 pour cent. La proposition a été rejetée à l'unanimité.

Lors d'une réunion qui s'est tenue par la suite, Buzz Hargrove, président des TCA, a appuyé de tout coeur la décision de la section locale 1990.

Voici ce que vous pouvez faire :

  • Faites savoir à la compagnie que les salaires e les avantages des employés de Canadien n'ont rien à voir avec son problème.
  • Informez vos collègues que vous entendez être solidaires et que vous refuserez toute réduction de salaire additionnelle.
  • Assistez à une s‚ance d'information de la section locale 1990 des TCA.

Horaire des séances

7 nov. Toronto
8 nov. Vancouver
12 nov. Calgary
13 nov. Montréal
14 nov. Ottawa
15 nov. Halifax
18 nov. Edmonton
19 nov. Winnipeg
20 nov. Regina
21 nov. Saskatoon

Des avis contenant des détails supplémentaires vous seront distribués.




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